Aujourd’hui, c’est votre jour de chance car je vous partage les détails d’un de mes plus beaux trek à ce jour.
Direction l’océan Indien et plus précisément l’île de la Réunion. Un vrai paradis pour tous les amoureux de montagne et de terrains techniques.



Premier jour – Mafate
Cette aventure commence au Col des Boeufs à la frontière entre le Cirque de Salazie et le Cirque de Mafate. Après avoir quitté la route, nous plongeons dans un monde à part. Derrière nous se trouve une végétation dense et devant nous de la poussière et des rochers. Mafate est plus sauvage que les autres vallées, entourée de falaises et avec des sentiers de randonnée comme seul accès. Petit à petit, nous disparaissons dans l’île. Premier arrêt, l’Ilet de La Nouvelle puis, pour la nuit, Marla sur les hauteurs du cirque.
Ilet est le nom donné aux petits villages de montagne. Parfois, il n’y a que quelques cabanes, ou des dizaines de petites maisons. Les habitants y vivent au rythme des ravitaillements par hélicoptères. Notre parcours serpente à travers les arbres sur plusieurs kilomètres avant d’entendre de la musique au loin. Randonneurs et locaux sont tous réunis sur la terrasse du seul bar des alentours. Une bière, un snack, un plat local… Chacun trouve de quoi se reposer ou se ressourcer !





Après avoir visité le village et acheté quelques fruits pour une future collation, il est temps de reprendre les sentiers. Une belle descente commence vers la rivière des Galets et son impressionnante cascade taillée dans la roche. Une fois sur place, le torrent accélère et l’eau tombe dans une fissure géante sous nos pieds. Superbe !
C’est là, au bord de l’eau, que nous nous installons pour le pique-nique ! Bercé par la rivière, le temps passe vite mais avec les kilomètres restants, nous devons malheureusement repartir. Le chemin jusqu’à Marla commence par un sentier facile le long de la rivière, avant de monter de plus en plus. Mais rapidement, on aperçoit les premières maisons et la terrasse d’un autre bar local où quelques bières étaient les bienvenues, avant de filer prendre une douche chaude et savourer un bon repas.
Au coeur de Mafate le soir, tout est calme. La nuit tombe tôt et la fraîcheur s’installe. Après tout, nous sommes à la montagne. Finalement, tout le monde se couche tôt pour repartir sur les sentiers le lendemain.
Deuxième jour – De Mafate à Cilaos
Plutôt que d’attendre le petit-déjeuner à 7h du matin, nous nous sommes levés avant 6h du matin pour explorer les environs. Les sentiers sont tellement nombreux qu’il serait dommage de ne pas en profiter. C’est donc reparti pour un trail matinal d’une heure au cœur de Mafate. Les premiers rayons du soleil touchent les sommets et c’est grandiose. Le sentier descend progressivement en lacets et s’enfonce dans les arbres avant d’offrir de jolis points de vue sur la vallée. Au détour d’une rivière, nous empruntons un petit pont qui nous ramène enfin au village. Juste à temps pour le petit-déjeuner !




Un thé, des sandwichs, des fruits et c’est reparti ! Cette fois-ci, nous nous dirigeons vers Cilaos dans la vallée voisine. Cela a commencé par une longue montée jusqu’au Col du Taïbit. Une fois au sommet, on aperçoit la ligne d’arrivée au loin, mais ne vous y trompez pas, il reste encore de nombreux kilomètres à parcourir.
Sur un sentier tantôt entièrement en forêt, d’autres fois en balcon sur la rivière, les heures se succèdent avec de très beaux panoramas sur le Piton des Neiges qui domine les environs. Ensuite, nous descendons jusqu’à la cascade du Bras Rouge, où nous avons croisé des clubs de canyoning. L’arrivée était à 3 kilomètres, mais c’était sans compter le dénivelé restant.


Après une bonne heure de marche, le chemin nous mène directement en ville. Le contraste est saisissant par rapport à Mafate : commerces, restaurants, marché… Une belle ambiance et des montagnes toujours magnifiques qui nous entourent pratiquement à 360°.
Le programme est simple : un bon repas pour déguster les meilleurs plats de l’île, quelques cartes postales pour les amis et la famille, une bonne nuit de sommeil dans un nouveau gîte, car demain c’est l’ascension du Piton des Neiges, un sommet de 3070m qui nous attend !
Troisième jour – Cilaos au Piton des Neiges
7h du matin. Le réveil sonne et tout le monde se prépare. Le soleil est déjà haut dans le ciel et la journée s’annonce assez chaude. Après un petit déjeuner avec de bonnes confitures maison, nous repartons de Cialos le ventre plein et le sac à dos bien rempli. Au menu : il n’y a pas beaucoup de distance à parcourir mais une belle montée. 8 petits kilomètres nous séparent du refuge de La Caverne Dufour, mais 1200m de dénivelé positif nous attendent. Concernant le poids de nos sacs, nous estimons arriver autour de midi là-haut.



La montée se fait à l’ombre, sous une végétation épaisse. Ce qui n’est pas si mal avec notre matériel et la chaleur. Plus nous montons, plus le chemin devient raide, mais rien ne nous arrête et le dernier col se dessine entre les arbres.
Nous atteignons La Caverne Dufour à 2400m d’altitude une heure plus tôt que prévu. Le refuge n’étant pas encore ouvert, nous nous sommes posés en terrasse en contemplant un paysage qui ne cessait de nous surprendre.
Face à nous, à 3km, se trouve le plus haut sommet de l’Océan Indien : le Piton des Neiges (3070m). Après une collation et une petite discussion avec l’équipe du refuge, on décide d’y laisser nos sacs à dos et de courir jusqu’au sommet alors que le ciel était encore dégagé. Il faut bien en profiter !




Après 45 minutes de grimpe dans les cailloux et la poussière, nous voilà tout en haut ! Un pur bonheur sans personne autour. C’est plus calme, car la plupart des randonneurs s’arrêtent au refuge et attendent le lendemain matin pour monter au sommet au lever du soleil (ce que l’on fera aussi maintenant qu’on connait le chemin).


Quand on a un sommet rien que pour soi, on en profite à 300% ! Je reste de longues minutes sur les crêtes, inspectant les moindres traces, les vallées avoisinantes, et prenant tout un tas de photos. A la descente, on croise quelques courageux randonneurs qui, comme nous, avaient envie de savourer ce bel après-midi sans nuages. Une fois au refuge, des petits groupes se sont formés, nous retrouvons des visages familiers aperçus au fil des sentiers. Chacun paye une tournée de boissons et tout le monde attend tranquillement l’heure du repas avant d’aller se coucher pour un réveil très matinal.





Quatrième jour – Piton des Neiges à Plaine des Cafres
Alors que le réveil était réglé à 4h du matin, nos voisins de chambré nous ont tirés du lit à 3h du matin. Tout le monde semble excité dans le refuge et les tentes autour ! Je ne sais pas si c’est la montée qui les stresse, mais avec un lever de soleil prévu à 5h45 et une bonne heure de marche, nous avons du temps à tuer.
Même si nous avons pris notre temps pour l’ascension, cela ne nous a pas empêché d’arriver beaucoup trop tôt au sommet. Le ciel est clair mais le vent souffle très fort. Tout le monde au sommet essaye de se réfugier derrière les rochers. J’ai repéré une petite grotte un peu plus loin la veille, nous décidons donc d’y aller pour finalement attendre plus d’une demi-heure.
Après de longues minutes dans le noir, le spectacle commence. Le soleil perce une mer de nuages au-dessus de l’océan. L’île entière se révèle et le ciel est en feu ! Cela valait vraiment la peine de se lever si tôt et les photos ne montrent qu’un tout petit peu de ce que nous avons vécu ce matin-là.



Comme le vent continue de souffler assez fort, nous retournons au refuge au trot pour prendre un petit déjeuner bien chaud. Le timing est parfait, nous y sommes à 7h du matin et une heure plus tard en route vers le sud de l’île. Direction la Plaine des Cafres, au pied du Piton de La Fournaise !
D’abord sur un terrain accidenté et aride, puis progressivement vers des endroits plus verts, c’est une longue marche que nous avons fait ce jour-là. Quelques échelles dans la forêt nous ont permis de basculer de l’autre côté de la vallée avant de découvrir un décor bucolique où paissent des troupeaux de vaches au pied d’anciens volcans. On se croirait à la campagne mais avec une petite touche tropicale.


Les sentiers s’élargissent et rejoignent rapidement un village et un nouveau lodge pour la nuit. Le programme de la soirée est toujours le même : dégustation de rhum, repas copieux, douche chaude et dodo bien mérité.
Cinquième jour – Le Piton de la Fournaise
Le plan initial de ce voyage était de le terminer au sommet du volcan, mais celui-ci est entré en éruption quelques semaines avant notre trek. L’accès au cratère et au sommet était donc interdit. Il nous a donc fallu trouver un nouvel itinéraire pour l’aborder et terminer ce trek en beauté.





Pour gagner du temps depuis la Plaine des Cafres, un bus nous a emmené au départ d’une randonnée près de la caldeira. A partir de ce point de départ, nous avons eu la chance de traverser une succession de paysages très différents. D’abord les verts pâturages au sommet de la vallée, puis les falaises des remparts qui la surplombent. C’est finalement un voyage presque magique qui nous mène à la Plaine des Sables, où l’on a l’impression d’être sur la planète Mars.


Il est difficile de tout expliquer dans les moindres détails, mais c’était clairement le moment le plus dépaysant du séjour. Ne pouvant accéder au Piton de la Fournaise et ses coulées de lave encore chaudes, nous avons décidé de parcourir d’autres vieux volcans endormis depuis des millénaires. Ils ne constituent pas l’attraction principale, sont moins fréquentés, mais offrent de magnifiques vues sur le panorama.

Après avoir pique-niqué dans un paysage de film de science-fiction, nous avons de nouveau traversé la plaine de sable et ses allures de désert, avant de descendre 2000m d’altitude jusqu’à notre destination finale : la cascade de Langevin à Grand Galet.
D’abord avec un départ raide à flanc de montagne, puis un sentier glissant sous une végétation épaisse, c’était la randonnée finale parfaite pour terminer cette aventure en beauté. Imaginez franchir la ligne d’arrivée et profiter d’une baignade rafraîchissante au pied d’une immense cascade.


L’île de La Réunion est véritablement un paradis pour tous les amoureux de nature et de montagne. Cette petite escapade n’en révèle qu’une infime partie. Si j’avais eu plus de temps, j’y serais resté des mois !



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